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Dialogue national : l'ultimatum du 15 août, et ce que l'opposition dit qu'elle fera

Le président a dit oui à un dialogue national inclusif le 17 juillet. L'opposition réunie dans la Coalition Article 64 a suspendu sa marche et donné jusqu'au 15 août pour que les assises soient officiellement convoquées. Il reste douze jours, et rien n'a encore été convoqué.

La rédaction4 min de lecture
Portrait du cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, en habit ecclésiastique
Photo d'archive Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, le 29 mars 2019 à Paris, lors de la 11e Nuit des Témoins de l'Aide à l'Église en Détresse. C'est lui qui a annoncé, le 17 juillet 2026, l'accord du président Tshisekedi pour un dialogue national inclusif. Image redimensionnée.Crédit : François-Régis Salefran · CC BY-SA 4.0

Deux dates commandent la rentrée politique congolaise, et la seconde arrive dans douze jours.

Le 17 juillet, l'annonce

C'est le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, qui l'a annoncé le vendredi 17 juillet 2026, au sortir d'une audience avec les représentants des principales confessions religieuses du pays : le président Félix Tshisekedi engage la République démocratique du Congo dans un dialogue national inclusif. Le format annoncé se veut « inclusif, apaisé et résolument républicain », destiné à consolider la cohésion nationale dans le respect des institutions et de la Constitution.

L'information a été rapportée le jour même par Radio Okapi et par Actualite.cd, puis reprise le 20 juillet par France 24. Ce sont les confessions religieuses qui sont chargées d'accompagner le processus.

Le 20 juillet, l'ultimatum

Trois jours plus tard, la Coalition Article 64 pour la défense de l'ordre constitutionnel, dite C64, du nom de l'article de la Constitution qu'elle invoque, a répondu. Ses cinq figures, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, ont pris acte de l'annonce et suspendu la marche qu'elles prévoyaient d'organiser le 22 juillet devant le Palais de la Nation.

La suspension n'est pas un renoncement, et la coalition l'a écrit noir sur blanc. Elle donne aux autorités jusqu'au 15 août 2026 pour convoquer officiellement les assises.

Si le dialogue national inclusif n'est pas officiellement convoqué au plus tard le 15 août 2026, ou si les engagements annoncés demeurent sans traduction concrète, la Coalition en tirera toutes les conséquences politiques et appellera le peuple congolais, dans le strict respect de la Constitution et des lois de la République, à reprendre les actions citoyennes pacifiques nécessaires à la défense de l'ordre constitutionnel, de la démocratie, de l'État de droit et de l'avenir de la Nation.

Déclaration de la C64 du 20 juillet 2026

Dans la déclaration rapportée par Radio Okapi, Prince Epenge, porte-parole de Lamuka et membre de la coalition, a résumé la demande en une phrase : que « le dialogue soit convoqué et que nous nous retrouvions autour d'une même table pour réconcilier les Congolais ».

Le 28 juillet, un fait qui change la donne

Entre l'ultimatum et aujourd'hui, un troisième événement s'est produit, et il pèse sur les deux autres. Le mardi 28 juillet 2026, la Cour constitutionnelle a déclaré conforme à la Constitution la loi fixant les modalités d'organisation du référendum, en l'assortissant de réserves d'interprétation sur treize articles.

Cela compte ici pour une raison simple : ce que la C64 dit défendre, son nom l'annonce, c'est l'ordre constitutionnel. Une coalition qui suspend sa marche pendant qu'avance le texte qui rendra un référendum organisable se retrouve à négocier et à surveiller en même temps. Nous détaillons cet arrêt dans un article séparé.

Ce qui n'est pas encore acquis

Une annonce n'est pas une convocation. Au 3 août 2026, aucun acte officiel fixant la date, le lieu, la liste des participants et l'ordre du jour des assises n'a été rendu public. C'est précisément ce vide que l'ultimatum vise : la coalition ne demande pas une promesse supplémentaire, elle demande un texte.

Deux choses restent donc à surveiller d'ici le 15 août. La première : la parution d'un acte de convocation, et son contenu. Un dialogue convoqué sans ordre du jour négocié n'éteindrait rien. La seconde : qui sera assis à la table. Le mot « inclusif » ne veut rien dire tant que la liste n'existe pas.

Pourquoi cela concerne la diaspora

Parce que la marche du 22 juillet n'a pas eu lieu, mais que les mots employés dans la déclaration, « actions citoyennes pacifiques », désignent une reprise des mobilisations de rue. Les familles à Kinshasa, à Lubumbashi et à Goma le savent : une mobilisation, même pacifique, se paie parfois cher.

Nous suivrons le 15 août. S'il passe sans convocation, nous le dirons. S'il passe avec une convocation, nous en publierons le contenu, pas seulement le titre.

Nos sources

Radio Okapi, 17 juillet 2026, « Félix Tshisekedi engage la RDC dans un dialogue national inclusif ». Radio Okapi, 21 juillet 2026, « Dialogue national inclusif : la C64 prend acte et exige la tenue des assises d'ici au 15 août ». News.cd, 20 juillet 2026. Actualite.cd, 17 juillet 2026. France 24, 20 juillet 2026. Radio Okapi, 28 juillet 2026, sur l'arrêt de la Cour constitutionnelle. La déclaration de la C64 a par ailleurs été relayée par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala sur son compte X.

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